Les bons reflexes santé

L’hiver est là, dois-je faire une cure de vitamines ?

L’hiver est la mal aimée des saisons : absence de soleil donc de chaleur, luminosité réduite, jours raccourcis, et pourtant il nous paraît interminable. Avec l’hiver, s’installent la « déprime » et la fatigue.

Sur un terrain fatigué qui manque de tonus, surgissent les petits bobos qui vont faire de nous des momies, des lavettes, au mieux des marionnettes ou des robots. Les consultations chez le médecin vont s’enchaîner ainsi que les ordonnances.

Vous l’aurez compris, notre corps en position de faiblesse, a besoin d’être aidé. Mais comment ? Quelle vitamine est la plus appropriée ? Difficile pour nous de nous y retrouver quand les vitamines pour la plupart ne sont plus prescrites sur ordonnance et donc plus remboursées (sauf exception) et que de surcroît, notre généraliste est dubitatif.

 

Un rappel (un peu indigeste ?) de nos vitamines et de leurs fonctions

– La vitamine A ou Rétinol (beurre, œuf, lait, fromages, abats, carotte, légumes à feuilles vert sombre, légumes crucifères, petits pois) : importante pour la vue et l’immunité.

– La vitamine B1 ou Thiamine (viandes, volailles, poissons, légumes secs, flocons d’avoine, riz brun, pain complet, levure de bière) : joue un rôle majeur dans la production d’énergie et la transmission de l’influx nerveux.

– La vitamine B2 ou Riboflavine (abats, levure, oeufs, laitages, poisson) : essentielle à la production d’énergie. Elle joue aussi un rôle indirect d’antioxydant.

– La vitamine B3 ou niacine, ex-vitamine PP (levure, foie, viandes et poissons, œufs) : aide à nous procurer de l’énergie, permet de fabriquer des hormones et des messagers chimiques du cerveau.

– La vitamine B5 ou acide pantothénique (levures, abats, champignons, viandes, poissons, œufs, lentilles, laitages, gelée royale) : intervient dans la production d’énergie, la réponse au stress, la synthèse de l’hémoglobine, la transmission de l’influx nerveux.

– La vitamine B6 ou pyridoxine (foie, levures, germe de blé, lentilles, choux-fleurs, bananes, viandes et poissons) : intervient dans la production d’énergie, la synthèse des protéines, des messagers chimiques du cerveau, de l’hémoglobine. Elle aide l’organisme à lutter contre les produits toxiques, les virus et les bactéries, fixe le magnésium et joue un rôle dans la réponse au stress, soutient l’immunité et recycle l’homocystéine, une substance toxique lorsqu’elle s’accumule dans les artères et le cerveau.

– La vitamine B8 ou biotine (foie, jaune d’œuf, soja, lentilles, haricots, maïs, noix) : sert à la production d’énergie, à la synthèse des graisses et du glucose.

– La vitamine B9 ou folates (légumes verts, maïs, pois chiche, foie) : aide à subvenir aux besoins en protéines, à synthétiser des messagers chimiques du cerveau et des acides nucléiques pour l’ADN et l’ARN. Permet le recyclage d’une substance toxique, l’homocystéine, qui peut s’accumuler dans le cerveau et les artères. Participe à la prévention des cancers. Il ne faut pas confondre comme on le fait trop souvent folates (forme naturelle) et acide folique (forme synthétique).

– La vitamine B12 ou cobalamines (abats, bœuf, agneau, coquillages, poissons gras, œufs, fromage) : nécessaire aux globules rouges et aux cellules nerveuses. Intervient dans la synthèse de l’ADN qui supporte le code génétique des cellules.

– La vitamine C ou acide ascorbique (fruits et légumes, notamment : kiwis, agrumes, crucifères, poivron, fraises, cassis) : antioxydant protégeant des dégâts de l’oxygène, directement et indirectement en régénérant un autre antioxydant, la vitamine E. Renforce peau, tissus et os en stimulant la synthèse de collagène. Soutient l’activité du cerveau en l’aidant à fabriquer plusieurs messagers chimiques dont la noradrénaline. Favorise l’absorption du fer mais aide à se débarrasser des métaux toxiques comme le plomb. Intervient dans la synthèse de la carnitine, qui aide à brûler les graisses pour fournir de l’énergie. Joue un rôle dans le métabolisme du cholestérol et la synthèse des acides biliaires.

– La vitamine D ou ergocalciférol, cholécalciférol (poissons gras comme le saumon, le maquereau, le hareng, les sardines en boîte, le foie de morue) : intervient dans la régulation du métabolisme du calcium, aide les os à rester solides et rigides. Module l’immunité : plusieurs études suggèrent qu’elle pourrait prévenir des maladies auto-immunes. Régule la pression artérielle. Possède un pouvoir anti-cancer et anti-inflammatoire.

– La vitamine E ou tocophérols, tocotriénols (huiles vierges d’olive et de colza, amandes, noisettes, cacahuètes, épinards, avocat) : protège de l’oxydation, les corps gras de l’organisme (membranes cellulaires, cholestérol…). Elle possède aussi des propriétés anti-inflammatoires.

– La vitamine K ou phylloquinone (légumes verts à feuilles, choucroute et crucifères, persil, épinards, laitue, ménaquinone (synthétisée par des bactéries du tube digestif). On en trouve aussi dans les abats, viandes et fermentés comme le fromage et le natto.

 

Que penser d’une cure annuelle préventive pour affronter l’hiver ?

A moins de manger tous les aliments recommandés – ce qui suppose les aimer tous et adopter une nourriture toujours et totalement équilibrée pour ne pas être carencés en une ou plusieurs vitamines, il pouvait être utile d’avoir recours aux suppléments vitaminiques. Nous avons toutes et tous fait cette démarche à un moment donné, encouragés par les medias – les magazines de santé et de mode en tête, sur les vertus de telle ou telle vitamine et copié le modèle américain, grand consommateur de compléments alimentaires.

Affaire de mode ou lobbying en faveur des laboratoires pharmaceutiques ? Il n’est pas rare, non plus à titre préventif mais curatif, d’essayer de combattre par exemple, les premiers symptômes grippaux à coups d’aspirine et de vitamine C. Or, de nos jours, les cures de vitamines auto-prescrites sont décriées. Subitement leurs vertus sont discutées et on leur attribue tous les dangers en cas de surdosage. Mais suffit-il réellement de manger équilibré si le corps n’assimile pas certaines vitamines et ne fixe pas certains minéraux ? Notre nourriture actuelle est-elle capable, seule, de palier nos besoins quand on ne sait pas toujours sa provenance, quand on connaît par contre aujourd’hui les désastres que peuvent faire les pesticides, les herbicides chimiques, les fertilisants artificiels ou les hormones ? Un vaste débat qui dure depuis plusieurs années et qui est loin d’être terminé.

 

Mieux connaître son corps pour combattre l’hiver

Avec une pincée de connaissance de son corps, quelques gouttes de sagesse et un zeste d’intelligence, on devrait pouvoir faire face au mieux à l’hiver… À condition, dès cet automne, de bien remplir nos réfrigérateurs de légumes verts, de carottes, de tomates et de fruits rouges venus d’ailleurs, d’oranges, d’abats, poissons, viandes, fromages, fruits et légumes secs et autres victuailles que nous ne connaissons pas encore. Si vous êtes une inconditionnelle du BIO (et que votre budget le permet), vous avez déjà davantage de chance d’ingérer les bonnes quantités de vitamines et nutriments.

Une bonne raison de retrouver le chemin du marché, de la cuisine et le goût des bons petits plats (pas trop gras et pas trop salés, pas trop sucrés non plus). Et si en plus, au cours de vos emplettes, le soleil est de sortie, vous aurez gracieusement de la vitamine D !

C’est décidé, cette année je m’approprie mon conseil et j’ignore mes chères vitamines en gélules ou comprimés ! Mais si la fatigue ose me narguer, je ne suis pas sûre de ne pas leur faire un petit clin d’œil… mais avec l’accord de mon généraliste !

Auteur : Nicole Escande.

 

Sources images : Femme fatiguée – Med page today.

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